5 Inspirations à Tirer de Rosa Parks

La Femme qui a dit Non

Rosa Parks

En 1955, Rosa Parks refuse de céder sa place dans un bus. Cet acte de résistance et de lassitude donnera naissance au mouvement des droits civiques, conduit par les Noirs Américains dans les Etats racistes du Sud. Mère du mouvement, elle y participera de toutes ses forces avec une simplicité déconcertante. Voici cinq choses qu’elle nous inspire : 

  1. Prise de conscience

« To the Yankee, I was just another little girl not a black little girl. In those days, in the South white people did not treat little black children same way as the white children. » – Rosa Parks, My story –

 «Pour le Yankee (américain du Nord des Etats-Unis), j’étais juste une petite fille non pas une petite fille NOIRE. A cette époque, les Blancs du Sud ne traitaient pas les enfants de la même façon que les enfants blancs. »

Rosa Parks little girlJust another little girl. C’était juste après la Seconde Guerre Mondiale vers 1919, Rosa McCauley n’a alors que 5 ou 6 ans. Alors que le propriétaire blanc de la plantation voisine de celle de sa famille s’arrête, accompagné de son beau-fils. Celui-ci, originaire d’un état du Nord des Etats-Unis, la traite comme une petite fille parmi d’autres. Sa couleur ne compte pas. C’est alors qu’elle comprend les injustices que subissent les Noirs. Elle se rend compte des écoles différentes,  des fontaines séparées… tout simplement des traitements différents.

Quelque soit, votre situation, il est important de l’analyser objectivement et d’en être pleinement conscient. Seule une vision globale permet de pallier les difficultés ou conforter une bonne position.

  1. Éclaireuse

« N’acceptez jamais les traitements injustes, d’où qu’ils viennent. Ne baissez jamais les bras devant l’injustice. »– Sylvester Edwards, grand-père maternel de Rosa Parks. –

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Raymond et la NAACP. C’est par une amie commune qu’elle rencontre son futur mari, Raymond Parks. Ayant grandi dans un quartier blanc, Raymond n’a pas pu aller à l’école de sa rue car elle était réservée aux Blancs. L’école aurait pourtant eu à y gagner car il est très intelligent.

J’avais une aversion pour les Blancs, excepté mon grand-père Sylvester, métis à la peau très claire, et Raymond Parks était vraiment très clair, il ne pouvait pas m’intéresser.

Après son grand-père, c’est le premier militant de la cause noire qu’elle rencontre. Loin de la figure de l’Oncle Tom, il n’a pas peur des blancs. Il est depuis longtemps membre de l’Association Nationale pour l’Avancement des Personnes de Couleur (NAACP). Avec lui, elle forme sa conscience politique et sociale : tous les blancs ne sont pas racistes. Pour lutter efficacement, il faut avoir un maximum de Blancs favorables à l’égalité dans leur camp. Ils se marient en 1932. Elle s’engage avec lui dans la NAACP où il y a très peu de femmes. De fait, il n’y a pas encore beaucoup de femmes engagées dans la lutte pour les droits. En 1943, elle devient secrétaire de l’association, elle est bien trop timide pour refuser…

Peur de l’inconnu… peur de commencer… peur de… Parfois, une muse suffit, parfois un déclic, parfois, il faut juste essayer, avancer à tâtons et tenter de s’améliorer.

Parfois, une muse suffit, parfois un déclic, parfois, il faut juste essayer, avancer à tâtons… Click To Tweet

  1. Détermination

Durant la moitié de ma vie, il y a eu des lois et des coutumes émises par les Américains de type Caucasien dans le Sud, qui ont ségréguées les Américains de type Africain et permis aux Blancs de traiter les Noirs sans aucun respect. Je n’ai jamais pensé que c’était juste, et depuis que je suis enfant, je proteste comme cela. Mais il est très difficile de lutter contre le racisme et la ségrégation, quand les Blancs ont la force de la loi avec eux.

– Rosa Parks –

Études. Rosa apprend à lire très tôt avec sa mère institutrice, puis continue à l’école pour filles Noires de Montgomery. Elle poursuit ses études, et veut obtenir son diplôme coûte que coûte. A cette époque, seuls 7% des Noirs obtiennent leur diplôme de fin d’études: ils restent étudier cinq mois dans l’année, contre neuf pour les Blancs, et passent le reste du temps, celui des récoltes, au champ. Ils travaillent pour aider leur famille. Rosa interrompt souvent ses études pour soigner sa mère ou sa grand-mère malades, mais elle n’abandonne pas. Elle décrochera son diplôme à l’âge de 20 ans, après s’être mariée.

We fight for the right to VOTE.  Dans le Sud, s’inscrire sur les listes électorales lorsque l’on est noir, relève du chemin de croix. C’est un combat qu’entreprend Rosa. Très peu des activistes sont inscrits, et pour cause! Il est simple de s’inscrire, il suffit d’avoir un garant blanc. Pour l’obtenir lorsque que l’on n’est pas propriétaire, il faut passer un examen, puis payer un impôt de capitation rétroactif pour les seuls Noirs. Cela peut ainsi atteindre des sommes importantes. Sa première tentative a lieu en 1943 et c’est seulement trois tentatives plus tard qu’elle reçoit enfin, en 1945, le droit de voter. Son époux, Raymond Parks, ne pourra s’inscrire qu’une fois à Détroit.

Malgré les difficultés, les obstacles placés sciemment sur sa route, Parks n’abandonne jamais. Déterminée, elle continue, laissant ses échecs derrière elle. Si cela est possible durant la ségrégation qu’en est-il aujourd’hui ?

  1. Refus

L’impact de la guerre. Au début des années 1940, la situation des Noirs dans les états duRosa Parks 3 Sud se dégrade. Beaucoup d’entre eux ont participé à la Deuxième Guerre Mondiale et voyagé en Europe. En France, au Royaume-Uni ou en Italie, ces derniers ont reçu un traitement tout autre. Sans ségrégation. Vu comme des héros, certains ont épousé des femmes françaises ou italiennes. Le retour au pays est alors très difficile. Chez eux, la ségrégation se durcit. Les vétérans noirs sont malmenés. Ils n’arrivent pas à s’inscrire sur les listes électorales : on ne peut accepter leur envie d’égalité. Parmi eux, se trouve Sylvester McCauley, frère de Rosa Parks qui, ne tenant plus, déménage à Détroit dans le Michigan. Rosa reste.

Rosa Parks 4The colored-section. Durant l’année 1955, plusieurs fois, des Noirs refusent de céder leur place, arrêtés, ils sont condamnés à payer des amendes. Un jour, c’est le tour de Rosa Parks. Ce vendredi 1er décembre 1955, elle est fatiguée, non pas physiquement mais fatiguée de se soumettre. Stoïque, elle est arrêtée et emmenée en prison avant d’être libérée sous caution. Le lundi suivant, unis dans l’adversité, les Noirs décident le boycott des bus. Lors de son procès, Rosa est portée par le soutien des Noirs de Montgomery, dont un pasteur encore inconnu du nom de Martin Luther King. Après 381 jours de boycott, la Cour Suprême, plus haute instance judiciaire (équivalent de notre Conseil d’Etat) casse les lois établissant la ségrégation dans les bus. C’est le début du mouvement des droits civiques.

Un soir, au début du mois de décembre 1955, j’étais assise à l’avant de la section noire d’un bus à Montgomery en Alabama. Les Blancs étaient assis dans la section blanche du bus. À un arrêt, plus de Blancs sont montés et la section blanche était alors pleine. Quand cela arrivait, nous, Noirs, étions censés nous lever et céder nos places aux Blancs mais je n’ai pas bougé. Le conducteur (blanc) du bus a alors dit : « Laissez ces places à l’avant ». Je ne me suis pas levée. J’étais fatiguée de tout donner aux blancs. Le chauffeur m’a dit : «Je vais vous faire arrêter. » Je lui ai répondu : « Vous devriez faire ça… »         Rosa Parks, My story –

  1. Simplicité

Rosa Parks 5

Rosa Parks est une personnalité hors du commun. Douce et timide, elle mène une vie simple. Pour son mariage, elle porte de simples vêtements, pas de robe de mariée. La cérémonie est sans fioritures. Humble, elle accepte son travail de couturière, alors que son diplôme devrait lui ouvrir d’autres portes. Mère du mouvement civique des années 50-60, elle côtoie les plus grands noms, mais elle ne s’enrichit pas et doit faire appel à l’Eglise pour payer son loyer. Elle meurt en 2005, non sans avoir obtenu de nombreuses distinctions.

Rosa Parks a pu étudier quand les études pour les Femmes Noires étaient rendues difficiles d’accès; elle a pu s’affirmer malgré sa timidité; elle était simple et humble alors qu’elle était pionnière du mouvement civique des années 50-60; elle était fière de sa couleur mais ne cataloguait pas l’autre pour autant. Elle est une réelle source d’inspiration pour notre génération.

N’hésitez pas à laisser votre commentaire ci-dessous :)

Pour aller plus loin :

Son autobiographie (en anglais) :

Sa biographie en français par Eric Simard

Pour revoir la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis

 

 

Maya
A propos Maya 60 Articles
Professeur de Lettres & Histoire, et Responsable de Publication chez Ôbelle Magazine, je suis femme d’abord, mère ensuite, ou l'inverse. Mon idéal : voyager et lire, flâner et écrire. Ma devise : Visiter les beautés du monde avant de s’occuper de l’être humain… Ma quête : l’acceptation de l’autre à travers la connaissance de soi: "Apprenez à vous connaître sans vous renier et vous vous élèverez." Me contacter : maya@obelle.fr

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