[Ôdacieuses] Ces Pionnières qui ont Survolé les Cimes

Etre femme ne constitue en rien une limite à vos rêves

Lorsque l’on parle d’aviation, nos pensées vont vers Rolland Garros, Antoine de Saint Exupéry, Jean Mermoz, Louis Blériot, Howard Hugues…vers des hommes. Pourtant, plusieurs femmes ont marqué l’histoire de l’aviation. Des pionnières qui ont accompli des exploits et ce, avec un mépris total du danger. Retour sur ces aviatrices qui ont montré que le ciel était aussi à la portée des femmes.

Maryse Bastié : la pionnière aux records

(1898 – 1952)

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Maryse Bastié est la première aviatrice française à accrocher de nombreux records à son palmarès. C’est auprès de son second mari, le lieutenant pilote Louis Bastié, qu’elle découvre l’aviation et se passionne. En 1925, elle obtient son brevet de pilote. Dès lors, elle s’attèle à établir des records. Elle en obtiendra dix. En 1928, Maryse Bastié établit un premier record féminin de distance de vol à 1 058 km puis, en 1929 c’est au tour du record international de durée de vol féminin avec 26 h 44 min qu’elle améliore en 1930 en 37 heures 55 minutes. En 1931, elle s’empare du record féminin international de distance, avec 2 976 kilomètres.

En 1936, après avoir créé à Orly l’école Maryse Bastié Aviation, elle réalise la traversée féminine de l’Atlantique Sud en 12 heures et 5 minutes. Au-delà de sa passion, Maryse Bastié s’engage pour le droit de vote des femmes et pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle offre ses services à Croix-Rouge où elle vient en aide aux prisonniers détenus à Drancy. Capitaine de l’armée de l’air, elle totalise plus de 3 000 heures de vol et reçoit le légion d’honneur. Très populaire du fait de ses records très médiatisés dans les années 1930, nombre d’établissements scolaires, théâtres et rues portent aujourd’hui son nom.

Amelia Earhart : la traversée de l’Atlantique

(1897 – disparue dans les îles Kiribati en 1937)

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« Les femmes devraient essayer de faire des choses comme les hommes le font. Si elles échouent, leur échec devra être un challenge pour d’autres femmes. »

– Amelia Earhart –

Lorsqu’elle voit un avion pour la première fois, la jeune Amelia pense que c’est « une chose faite de bois et de fil de fer rouillé et vraiment sans intérêt… ». Pourtant, des années plus tard, après son baptême de l’air, un vol de dix minutes au-dessus de Los Angeles, elle se passionne pour l’aviation. Elle prend des cours auprès de la très célèbre -, première femme pilote américaine à posséder un aérodrome et donner des cours de pilotage. Infirmière puis assistante sociale, sa passion pour le vol ne faiblit pas.

Au-delà de voler, Amelia veut promouvoir les qualités de la Femme. Pour ce faire, elle chasse les exploits et commence à se faire connaître. En avril 1927, elle est invitée à participer à une traversée de l’Atlantique mais traitée comme une simple passagère, elle décide de prendre sa revanche, ce sera cette fois en solitaire. Son projet se concrétise en mai 1932. Dans un voyage périlleux, elle réussit son voyage en solitaire et se pose dans un champ près de Londonderry, dans le nord de l’Irlande. Elle n’a pu- faute de carburant- se rendre comme prévu jusqu’à Paris. En 1935, elle commet le nouvel exploit de traverser le Pacifique pour se rendre à Hawaï.

Enfin, en 1937, elle entreprend un tour du monde, le long de l’équateur, avec le pilote Fred Noonan. Après avoir traversé les États-Unis, atteint la pointe du continent Sud Américain, traversé l’Afrique, la Péninsule arabique, l’Inde et l’Océanie, l’avion quitte la Nouvelle-Guinée le 2 juillet 1937 à minuit, avec 3800 litres de carburant, de quoi tenir l’air de 20 à 21 heures. À 21h30, sans nouvelle de l’Electra, avion d’Earhart, on comprend qu’il s’est abîmé en mer.

Hélène Boucher : la jeune première (1908 – 1934)

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En 1931, à seulement 23 ans, elle devient la quatrième femme française à décrocher son brevet de pilotage. Dès lors, elle s’achète un avion et s’engage dans la course. Bourrée de talent, elle finira 2ème à la célèbre course des 12 heures d’Angers en accomplissant l’exploit de conduire douze heures sans relai contrairement aux vainqueurs de l’épreuve qui font la course à deux. Cette performance lui permet d’obtenir le Prix Monique Berlioux de l’Académie des sports, en tant que femme à la performance sportive la plus remarquable en 1934.

Par la suite, elle est engagée par Renault pour tester ses modèles automobiles et elle est même choisie pour promouvoir, l’un des modèles : la Renault Vivasport. Elle meurt dans un accident d’avion lors d’un entrainement la même année.

Bessie Coleman : Première femme noire pilote d’avion

(1892 – 1926)

« Je ne pourrai jamais être satisfaite tant que nous n’aurons pas des hommes de notre race qui sauront voler. »

– Bessie Coleman –

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C’est en suivant les exploits d’Eugene Ballard, premier pilote noir de combat américain pendant la Première Guerre Mondiale, que Bessie Coleman sent naître sa passion pour l’aviation et décide de prendre des cours de pilotage. Cependant, la ségrégation raciale fait rage aux Etats-Unis et elle se voit fermer toutes les portes des écoles d’aviation : elle est femme, elle est Noire, elle n’a aucune chance.

C’est donc en France, où elle effectue plusieurs voyages, qu’elle parvient à se former et à obtenir sa licence internationale de pilote de la Fédération aéronautique internationale en 1921. De retour aux Etats-Unis, sa réussite est saluée de tous et elle se donne en spectacle en faisant des exhibitions tout en rêvant d’ouvrir une école de pilotage pour Noirs Américains.

C’est au cours de la préparation d’un spectacle à Jacksonville en 1926 qu’elle meurt. Souhaitant observer le terrain depuis les airs, elle ne prend pas la peine de s’attacher mais son appareil connait à une avarie, elle est éjectée et fait une chute de 150 mètres. En hommage à Bessie, William J. Powell, pilote Noir, fonde en 1928 deux écoles : le Bessie Coleman Aero Club et la Bessie Coleman Flying School à Los Angeles fait de son rêve une réalité.

Maryse Hilsz : la Résistante (1901 – 1946)

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D’abord apprentie modiste (créatrice de chapeaux), elle se passionne vite pour l’aviation. En 1924, elle décide de se lancer dans le parachutisme et effectue une centaine de sauts pour payer ses cours de pilotage. En 1930, elle obtient son brevet de pilotage et devient rapidement comme sa consoeur Maryse Bastié, une excellente pilote et une mécanicienne hors-pair réparant elle-même son avion en cas de panne. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle entre dans la résistance et effectue de nombreuses missions. Première sur la liste des femmes admises dans l’armée de l’Air, elle devient sous-lieutenant.

Jacqueline Auriol : Première femme, pilote d’essai

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Epouse du fils du Président Auriol, c’est par défi et amour du sport que Jacqueline Auriol apprend à piloter. Elle obtient ses brevets en 1948. L’aviation devient alors une passion et pour se perfectionner, elle s’initie à la voltige aérienne. Attirée par la vitesse, elle s’intéresse aux avions les plus rapides et en 1953, Jacqueline Auriol est la première Européenne à franchir le mur du son c’est-à-dire à la vitesse du son dans l’air soit 1 224 km/h.

En 1954, Jacqueline pousse sa formation plus loin et entre à l’École du Personnel Navigant d’Essais et de Réception (EPNER) et en sort un an plus tard, pilote d’essai. Dès lors, elle pousse les records de vitesse toujours plus loin et teste de nombreux appareils. Elle sera la première des trois femmes à piloter le Concorde, avion supersonique des années 1970.

Jacqueline Auriol reçoit de nombreux prix dont quatre fois le Harmon Trophy, très prestigieuse récompense aéronautique, ainsi que le Prix Roland Peugeot de l’Académie des sports du plus bel exploit mécanique français de l’année en 1963.

Amelia Earhart, Maryse Bastié, Bessie Coleman, Hélène Boucher, Jacqueline Auriol et Maryse Hilsz sont autant de femmes dans le ciel irrésistibles et talentueuses qui ont conquis une zone réservée aux hommes avec aplomb et aisance. Avec des années d’avance, ces femmes aviatrices, au destin libre et éclairant sont la preuve qu’être femme ne constitue en rien une limite à vos rêves.

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Maya
A propos Maya 60 Articles
Professeur de Lettres & Histoire, et Responsable de Publication chez Ôbelle Magazine, je suis femme d’abord, mère ensuite, ou l'inverse. Mon idéal : voyager et lire, flâner et écrire. Ma devise : Visiter les beautés du monde avant de s’occuper de l’être humain… Ma quête : l’acceptation de l’autre à travers la connaissance de soi: "Apprenez à vous connaître sans vous renier et vous vous élèverez." Me contacter : maya@obelle.fr

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