[(RE)DECOUVRIR] Des Suffragettes à Louise Weiss

Comment les femmes ont ENFIN voté !

louise Weiss

 

Il y a quelques mois, se tenaient les ELECTIONS REGIONALES EN FRANCE où au-delà du Front National, l’abstention était le Premier Parti de France.

Le 26 mai 1983, Louise Weiss mourait. Journaliste, femme de lettres, féministe et femme politique Française, elle fut l’une des plus grandes militantes pour le droit de vote des femmes… S’inspirant du mouvement des suffragettes anglaises, elle lança une campagne en faveur du droit de vote des femmes en France. Trente-deux ans après sa mort, son combat semble oublié : on ne vote PLUS, la liberté c’est le droit de ne pas faire…

Retour sur le combat une femme engagée pour les femmes.

  1. Louise Weiss, femme de combatS

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Traumatisée, comme beaucoup, par la très meurtrière Première Guerre Mondiale, Louise Weiss se lance dans un combat pour une Europe unie, la paix et le droit des femmes.

Dès 1918, Louise Weiss crée la revue L’Europe Nouvelle où elle défend l’idée d’un rapprochement franco-allemand. Dès la création de sa revue, Louise Weiss s’intéresse au droit de vote des femmes. Elle estime qu’en votant, les femmes ont leur rôle à jouer pour éviter une nouvelle guerre.

Tout au long de sa vie, Louise Weiss mène un long combat pour l’Europe, les droits des femmes et la paix.

 

 

 

  1. Un Combat de longue haleine

 

En 1901, l’Australie pionnière accorde le droit de vote aux femmes. Elle sera suivie en 1918 par l’Allemagne et Royaume-Uni puis l’année suivante par les Etats-Unis. En 1934, les Françaises ne votent toujours pas, contrairement aux femmes de Mongolie, Afrique du Sud ou encore de Turquie. La France est très en retard sur la question.

 

Les mains des femmes sont faites pour être baisées, baisées dévotement quand ce sont celles des mères, amoureusement quand ce sont celles des femmes et des fiancées… Séduire et être mère, c’est pour cela qu’est faite la femme.                           

– Alexandre Bérard, Sénateur de 1908 à 1923. –

 

Par deux fois, en 1919 et en 1935, le Sénat rejette la requête en faveur de l’accession au vote des femmes. Des envolées sexistes inondent le parlement où les Sénateurs estiment qu’il est de leur devoir de sauver la République du danger. Donner le droit de vote aux femmes, c’est sauter dans l’inconnu, une aventure qui ne mérite pas de risquer la République.

Face à ce refus, Louise Weiss entend surprendre les élus nationaux et l’opinion par des méthodes radicales et fonde en 1934, l’association féministe La femme Nouvelle. La finalité ? Avoir le droit de voter et d’être élue en France.

  1. Les Suffragettes Anglaises comme Modèle

En 1934, elle prend pour modèle le mouvement suffragiste anglais où le Women’s Social and Political Union d’Emmeline Pankhurst a participé à la conquête du droit de vote pour les femmes. Avec son mouvement, elle organise de nombreuses manifestations. Le 5 mai 1935, Louise Weiss se présente aux élections municipales de Montmartre, transformant des cartons à chapeaux en urnes : 16852 bulletins de vote sont déposés en sa faveur. Elle réédite l’action aux législatives de 1936 où elle recueille plus de 18 000 bulletins. Ces actions hors du commun – en terme d’impact, elles sont les FEMEN (habillées, version soft) de leur époque – sont destinées à attirer l’attention de la presse. Tout au long de l’année 1936, La Femme Nouvelle lance des opérations pour rendre son combat audible : Lâcher de ballons rouges, lestés de tracts dans le stade de la finale de la Coupe de France de football, distribution aux sénateurs des chaussettes avec l’inscription « Même si vous nous donnez le droit de vote, vos chaussettes seront raccommodées », investissement de la piste du champ de course de Longchamp, lors du Grand Prix, avec des pancartes portant l’inscription « La Française doit voter », enchaînement dans la rue pour empêcher la circulation, rue Royale à Paris…

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  1. Une Victoire Tardive

 

Les élections de 1936 voient la victoire du Front Populaire. Sensible aux actions des féministes, Léon Blum, chargé de former le nouveau gouvernement, appelle trois femmes à y participer. La radicale Cécile Brunschvicg, Présidente de l’Union française pour le suffrage des femmes, devient sous-secrétaire d’Etat à l’éducation nationale, la socialiste Suzanne Lacore, sous-secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance et Irène Joliot-Curie, à la recherche scientifique. Approchée, Louise Weiss refuse d’y participer : « je me bats pour être élue non pas nommée… »

 

louise4« Trois hirondelles ne font pas le printemps ». Louise Weiss –

 

Les féministes attendent beaucoup du nouveau Président du Conseil. En effet, Léon Blum avait, en 1925-1926, déposé des propositions de loi tendant à accorder aux femmes électorat et éligibilité qui n’avaient pas abouties. Ces nominations ne s’accompagnent pourtant d’aucune autre mesure.

 

 

 

L’ordonnance d’Alger du 21 avril 1944 prise par le Général de Gaulle qui accorde aux Françaises le droit de vote.

 

Article 17 : Les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes. Click To Tweet

 

La France est l’un des derniers pays d’Europe à l’accorder. Les femmes useront de ce droit pour la première fois aux élections municipales de mai 1945.

 

 

 

Maya
A propos Maya 60 Articles
Professeur de Lettres & Histoire, et Responsable de Publication chez Ôbelle Magazine, je suis femme d’abord, mère ensuite, ou l'inverse. Mon idéal : voyager et lire, flâner et écrire. Ma devise : Visiter les beautés du monde avant de s’occuper de l’être humain… Ma quête : l’acceptation de l’autre à travers la connaissance de soi: "Apprenez à vous connaître sans vous renier et vous vous élèverez." Me contacter : maya@obelle.fr

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